Amour, Foires et Pâtés 2 (suite)

Deuxième épisode : Albion terrassée
jeudi 19 août 2010
par  Jean Figarella
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Résumé de l’épisode précédent.

L’ épisode se situe pendant la guerre de Cent ans, au fin fond du Périgord Noir à Bouzic, petite localité riante dont les habitants consomment chaque Mardi soir une potion magique appelée 44. Cette potion déclenche une hilarité larmoyante et une logorrhée verbale portant le plus souvent sur la gaudriole.

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Bouzic (peut-être ?) au 14e siècle

La petite Claire CHAVAL (et non pas Claire CHAZAL comme certains lecteurs peu soucieux de la vérité historique voudraient nous le faire croire), habitante de Bouzic, émigrée de Wallonie, garde les moutons de Messire BERNARD lorsqu’elle entend la voix de Saint-Michel qui lui donne l’ordre de sauver la France.

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Le 44,potion magique
C’est une recette étrange concoctée par Sire Benard

Un dialogue passionnant a débuté entre la bergère et le Saint. Pendant ce temps, le preux chevalier Messire Jean-Paul aspire les fumées de son narguilé en sirotant un café liégeois, pardon un café maure.

Note de la rédaction : Nous vous invitons à relire le premier épisode pour comprendre toutes les subtilités de cette histoire.

Saint-Michel :

« Donc ma petite Claire, je le répète pour ceux qui n’étaient pas là la semaine dernière, tu vas aller sauver la France. Pour la route, je te fais envoyer pat télé-achat un petit sac en peau de mouton (de Manière) non retourné (c’est la peau bien sûr qui est retournée) et tu trouveras dans ce sac des pièces d’or pour le péage, deux sandwichs au pâté de foie de canard de Lol Haut, une poêle de pommes de terres sarladaises (pas occitanes : ne pas confondre !) et une bouteille de vin de Domme tradition, une carte Michelin de la région de Chinon, un carton de loto et les grains de maïs qui vont avec, le Figaro-Madame et un tir-boulettes au cas où tu serais attaquée par des malandrins ou insultée par des maroufles (personnes malapprises) ».

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Préparation de Dame Yvette
On les appelle des pommes de terre sarladaises
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Lol Haut
C’est bien ce feuilleton pour les affaires !

Claire :

« Excusez-moi Messire, pardon Mont Saint-Michel (en Bretagne), je suis belge et je ne vois pas pourquoi c’est moi qui sauverais la France. Appelez Raymond DOMENECH. Et puis moi, je vais me marier avec mon Jean-Paul. De toutes façons, cette semaine je suis surboukée


(NDLR : nous n‘employons pas à dessein le féminin « surchevrée » car peu utilisé).

Dimanche, il y a un super-loto à Bouzic. Lundi, Dame Cricri m’attend pour faire moult brochettes. Mardi, c’est moi qui distribue les écuelles au marché. Mercredi, je me lave. Jeudi, je me coiffe ; vendredi, c’est le jour du poisson et samedi je vais à la Foire de Sarlat en carriole pour acheter des pâtés de chauves-souris et des langues de cerf entrelardées »


N.D.L.R : les langues de cerf entrelardées sont trè prisées au Moyen-âge (ainsi que les yeux de biches).

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Le super-loto de Bouzic
Quoiqu’il arrive, on reste gracieuse.

Saint-Michel :

Il faut sauver la France. J’insiste. Lis les journaux et notamment Sud-Ouest d’hier. Les Anglais ont encore conquis des villes et des villages. Et en plus ils gagnent maintenant à la pétanque, notre sport national. France, ta culture fout le camp ! Et puis les jeunes, vous vous lavez trop souvent. De mon temps, on se lavait seulement une fois par mois ».

Claire :

« Réfléchissez bien, mon bon Saint-Germain-des-Prés, pardon mon bon Saint-Michel, si les anglais s’en vont, le marché de l’immobilier va encore chuter dans notre belle province du Périgord ».

Saint-Michel :

« Ne t’inquiète pas mon petit, il y a encore des hollandais pour cela ! »

Claire :

« Pourquoi vous ne demandez pas à Mme Mireille DARC. Elle est toujours prête pour défendre des causes. Et puis ce serait bien pour les livres d’histoire que Madame DARC boute les anglais hors d’Orléans ».

Saint-Michel :

« Non, pas Mireille DARC ! Elle est partie avec un grand blond…avec une chausse noire. Et puis tu seras évidemment récompensée pour ton acte de bravoure. Tu auras ta photo sur le site WWW.bouzic-perigord.fr et chaque Dimanche tu auras droit à une moules-frites.

Et puis je te promets le ciel, ma bonne hôtesse »

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Toute la vie, j’ai rêvé ...
...d’être une hôtesse de l’air...mais il faut choisir sa compagnie aérienne...

Claire (en chantant) :

« Oui, j’accepte parce que :

Toute ma vie, j’ai rêvé

d’être une hôtesse de l’air

toute ma vie, j’ai rêvé

d’avoir les talons hauts,

toute ma vie, j’ai rêvé

de voir le bas d’en haut.

toute ma vie , j’ai rêvé

d’avoir, d’avoir

les fesses en l’air !

Loiloilo, loioilo, loiloilolo lo

Loiloilo, loioilo, loiloilolo… »

Ce qui me serait moult agréable en plus, c’est que vous fassiez plaisir à mon Jean-Paul. Il voudrait l’ADSL car il a un petit débit et il rame ! »

Saint-Michel :

« Oui, il a un petit débit mais dans un gros tuyau » (phrase historique prononcée un Mardi soir d’Août après une administration à doses hétéropathiques de l’elixir 44 et rapportée par Gilles de Turban dans « Chroniques médiévales », livre 7, chapitre 3). « Je t’accorde quand même ce que tu demandes c’est à dire l’internité »

On était en plein été 1429. C’était la fin Août. Je ne sais pas si vous vous en rappelez mais le fond de l’air était frais, les chemins étaient mauvais mise à part la route qui allait de La Franquie à Bouzic (à cause de l’accès à la résidence du bailli et à celle de son deuxième adjoint, Messire Monteil).

Les Anglais et les brigands couraient la campagne. Les compagnons de la pucelle avaient peur et froid. Lorsqu’ils tremblaient leurs cuirasses faisaient un cliquetis métallique et parfois un boulon ou une vis se détachaient.

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L’armée de Claire
Ils ne manquent pas de panache (ni de panaché)

Il y avait là Valérion le preux, Claudion le Braiseur, Pierre le Manant, Louis le Truffeur, René le trouvère. Il y avait aussi les Sept Frères que d’aucuns appelaient les Sept mercenaires (ou les Sept Samouraïs) et une bande de zigues. A cette troupe de bric et de broc, s’était jointe une escorte venue de Florimont conduite par le seigneur de Maridom, champion du lancer de boulet « Obut » en 13 points.

Avant de partir, les deux connétables Valérion et Claudion firent un plan de campagne dont Napoléon devait s’inspirer 4 siècles après.

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La préparation de la bataille d’Angleterre
Valérion le preux et Claudion le braiseur en réunion d’Etat-Major (-Domme)

Ce plan en tenailles consistait à faire fuir l’ennemi en lui chantant le fameux "petit bonhomme en mousse", air du folkore français, très célèbre dans les foires et marchés

Dame Sylvestre prépara la poêlée de pommes de terre sarladaises et la confia au seigneur Maridom de Moncalou.

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Maridom Dom maridomdaine...
Dame Yvette et le seigneur de Maridom, champion du boulet en 13 points

Grâce à Bison futé, malgré les empichetages (embouteillages) de la fin Août et la rentrée scolaire inventée par ce sacré Charlemagne 5 siècles auparavant, la troupe arriva sans encombre à Chinon.

Claire et sa troupe se rendirent au Château

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Le dauphin de France
Oui, mais où est le vrai dauphin ? Comment le reconnaître ?

On fit entrer la pucelle, un soir, dans une grande salle éclairée par des bougies « basse tension »

.

Claire n’avait jamais vu le dauphin

Des courtisans zélés s’étaient eux-mêmes habillés en dauphins pour tester la pucelle et vérifier qu’elle était guidée par le ciel. 8ref on se serait cru à Marineland malgré les requins qui entouraient le roi !

Pourtant elle alla droit vers lui, se mit à genoux malgré ses rhumatismes puis se releva pour lui tenir le discours suivant :

Claire :

Majesté, votre cire est trop molle ; pardon : sire, votre majesté est trop molle…avec les Anglais. Il faut les bouter hors de France et reconquérir votre royaume. Le Ciel m’a recommandé de venir vous porter secours. Je vous donne mon C.V en trois exemplaires si vous voulez bien examiner ma candidature au poste de sauveur de la patrie.

Donnez-moi une armée et je vous débarrasserai du prince noir ou plutôt marron (Brown), Ian.

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Le prince noir
En fait "The prince Brown"

Le Dauphin, le regard concupiscent :

Claire, tu me fais flipper.

Un garde qui se penche vers son voisin, un autre garde, lui murmure à l’oreille :

C’est normal, on l’appelle Flipper le Dauphin.

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Le dauphin reçoit Claire dans sa résidence d’été
"Oui, je sais : je ressemble à quelqu’un de chez vous !"

Le dauphin :

On m’a parlé de toi l’autre jour à l’inauguration de la Tour de Moncalou. Si tu réussis à bouter les Anglois hors de France, ton fiancé aura l’ADSL
(encore des promesses, toujours des promesses ! il faut dire que l’on est en campagne électorale pour le sacre du Roi de France et que Charles – sans numéro pour l’instant- se présente contre le Roi d’Angleterre).

Je te donne une petite armée mais pas d’aviation. Je ne n’ai plus de mirages contrairement à ton fiancé au Sahara qui en voit tous les jours. Les avions ne sont pas encore inventés et on ne va pas attendre le 20e siècle pour se débarrasser des anglois.

Deux jours après, la pucelle se mit en route pour Orléans à la tête de son armée. Trois jours après, elle entrait dans Orléans et attaquait le château des Tournelles qui en était le principal point stratégique.

Le château ne tomba pas tout de suite malgré (ou à cause) les coups d’une première vague d’assaillants français emmenés par cinq mercenaires, anciens chanteurs d’opérettes, Ribery, Anelka, Abidal, Toulalan et Evrard. Heureusement la deuxième vague d ‘assaillants chandellisée (électrisée) par Messire Louis le Truffeur réussit, grâce à son furet à tête chercheuse, à percer un trou sous le mur d’enceinte et à passer de l’autre côté. La victoire fût alors facile.

Une semaine après, les anglais embarquaient pour l’Angleterre à bord de l’Eurostar en oubliant d’emporter avec eux Jane Birkin.

Quant à l’évêque Cauchon, beaucoup lui firent sa fête et il ne l’avait pas volé.

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Ce Cauchon, une vraie tête de lard !
ça va être ta fête, délateur porçin !

Claire rentra au pays, victorieuse et éméchée, couverte d‘honneurs et de boutons. Elle fut vite oubliée car elle omit de mentionner sa victoire dans le livre des records

L’éloignement faillit être fatal pour les couples comme le montrent les deux gravures jointes

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Le charme discret de la bourgeoisie
Bruni par le vent du désert, voici le séduisant chevalier !

Un prêté pour un rendu

Mais tout rentra dans l’ordre (de la chevalerie) et Claire épousa le chevalier Liégeois et coula des jours heureux dans sa demeure du col de Malecourse.

La bonne ville de Bouzic nous réserve-t-elle encore des surprises au cours de l’Histoire de France ? D’autres personnages historiques y sont nés quelques siècles plus tard. Mais qui ? Le suspense est à nouveau insupportable mais vous ne saurez la suite qu’au prochain épisode du feuilleton de l’été (et sans doute l’automne) : « Amour, Foires et pâtés ». Soyez patients ! L’histoire de France va à son allure ! »


Commentaires  forum ferme

lundi 27 septembre 2010 à 12h13

Bravo pour l’auteur, le sire "Jean" de la fontaine,de Bouzic bien sur, il sait mettre en valeur ce village et surtout ses habitants, car malheureusement on n’a pas trop l’occasion de visiter ses sites touristiques ! mais on y vit paisiblement à l’ombre du Céou, un super coin pour les amoureux de la solitude. Merci pour les bénévoles qui savent si bien écrire, et encore bravo monsieur JEAN le Corse, pour cette belle histoire façon Bouziquois.A bientôt pour la suite, j’espère ! et vive les retraités qui s’activent pour les autres. LYDIE

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