Il faut sauver Beynac et la Roque-Gageac

jeudi 31 décembre 2020
par  Jean-Paul Liégeois
popularité : 8%

Il faut sauver Beynac et la Roque-Gageac, un livre d’Anne-Marie Cocula-Vaillières


La vallée de la Dordogne a bien évolué au cours des siècles. Certains la pensent immuable ou voudrait qu’elle le soit mais ce n’est pas dans la nature des choses.

Sans remonter l’histoire géologique et la détermination de son cours par la formation des Pyrénées et du dépôt des sédiments molassiques, il n’est que se pencher sur la vie dans la vallée pour en être convaincu. Durant des siècles, les chemins passaient par les coteaux car la Dordogne envahissait bien trop souvent la vallée lors de ses fréquentes crues que pour les y établir.

Ce n’est que lorsque les barrages furent érigés et son cours dompté que la vallée de la Dordogne a commencé à servir de moyen de communication terrestre, que ce soit le chemin de fer ou les routes. Ce qui a bien changé la vie des périgourdins de la vallée dont les activités portuaires sont tombées progressivement en désuétude. Mais qui a par contre permis l’essor du tourisme dans cette magnifique région préservée.

Evidemment les infrastructures routières du début du XXème siècle se sont révélées inadaptées à l’évolution du traffic de la fin du XXème siècle et du XXIème siècle. Des aménagements étaient nécessaires à la fois pour préserver les sites, en particulier les villages et pour permettre à ceux qui le souhaitaient de venir en toute sécurité et sans retrouver les embouteillages citadins dans la vallée de la Dordogne du Périgord Noir.

Cela a été fait en beaucoup d’endroits mais il restait un point noir, le passage de Beynac avec tous les rebondissements que l’on connait tout comme celui de la Roque Gageac quoique moins délicat car non traversé par la route Bergerac-Sarlat.

Anne-Marie Cocula-Vaillières est une historienne de grand renom qui a réalisé sa thèse sur les bateliers de la Dordogne. Elle est en effet agrégée d’histoire, a enseigné l’Histoire des Temps modernes (XVIe-XVIIIe siècles) à l’université Michel de Montaigne-Bordeaux 3 dont elle a assuré la présidence de 1994 à 1999 et a présidé la conférence des présidents d’universités d’Aquitaine. Elle a écrit de nombreux ouvrages sur l’histoire de la Dordogne et du Périgord. La problématique de Beynac l’a inévitablement concernée et Anne-Marie Cocula-Vaillières a estimé de son devoir de la mettre en perspective et de donner aux Périgourdins et autres personnes impliquées les informations et les outils pour se saisir efficacement de ce sujet important et symbolique.

Dans ce livre, j’ai quelque peu et modestement accompagné Anne-Marie pour sa partie géologique et ai ainsi pu me rendre compte de sa grande compétence, de son attachement à ce pays de la Dordogne périgourdine et de sa capacité à vulgariser son propos.

Vous trouverez ci-dessous les couvertures, la table des matières et quelques bonnes pages de ce livre que je ne peux que vous encourager à lire. Vous pouvez vous le procurer pour la modique somme de 8€ chez l’auteur (cocula.annemarie@gmail.com) ou chez moi, j’ai quelques exemplaires en dépôt (jpaul.liegeois@gmail.com).



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Pages 32 et 33 :

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Pages 38 et 39 :

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Pages 54 et 55 :

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Commentaires

lundi 25 janvier 2021 à 17h37

Bonjour monsieur,
je rejoins les précédents messages, il serait intérressant de communiquer le rapport dont vous avez fait état dans l’article , "En Dordogne, l’historienne Anne-Marie Cocula défend la déviation de Beynac" . Cela permettra sûrement de combattre les approximations.

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vendredi 22 janvier 2021 à 11h46 - par  Jérôme Gabuteau

Bonjour Monsieur,

Vous voudrez bien, s’il vous plaît, également me communiquer le rapport dont vous avez fait état auprès du journaliste de Sud Ouest dans l’article, daté d’hier 19 janvier 2021, "En Dordogne, l’historienne Anne-Marie Cocula défend la déviation de Beynac".

D’avance merci

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vendredi 22 janvier 2021 à 06h26 - par  Jean-Paul Liégeois

Bonjour,

Je vous réponds par e-mail.
Bien à vous, JP Liégeois

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mercredi 20 janvier 2021 à 05h28 - par  Jean Altmann

Bonjour Monsieur,

Vous voudrez bien, s’il vous plaît, me communiquer le rapport dont vous avez fait état auprès du journaliste de Sud Ouest dans l’article, daté d’hier 19 janvier 2021, "En Dordogne, l’historienne Anne-Marie Cocula défend la déviation de Beynac"

Cordialement
Jean-Paul Liégeois, géologue belge installée à Bouzic en Périgord, a étudié de près ces falaises du crétacé en bord de Dordogne, bien plus fragiles que celles du Jurassique du côté du Lot. Elles sont traversées par des failles, dont celle du Céou, qui sont des facteurs de risque. Il reconnaît toutefois "qu’elles ne sont pas très dangereuses, car nous ne sommes pas dans un secteur sismique".

Des risques par endroits
L’homme a fait le tour des études géologiques, dont celle commandée en 2020 par le Département à la société Géolithe, qui a analysé les dangers d’éboulements sur la départementale 703 de Saint-Vincent-de-Cosse jusqu’à l’est de Beynac. Des risques importants sont relevés à plusieurs endroits.

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lundi 4 janvier 2021 à 06h11 - par  Jean-Paul Liégeois

Cher Monsieur ou chère Madame,

Il a fallu faire un choix et inévitablement l’évaluation de ce dernier variera selon le lecteur. Nous avons surtout voulu montrer que le livre d’Anne-Marie Cocula remet en perspective la problématique de Beynac et de la vallée de la Dordogne. En particulier que cette dernière évolue au cours du temps, que le statu quo n’est pas possible, que vouloir figer une situation mène toujours à la catastrophe. Et qu’il est important de prendre les décisions quand on a encore le choix. C’est la même chose en ce qui concerne le changement climatique qui, lui aussi d’ailleurs, va faire évoluer la vallée. Et il est important d’avoir une évolution positive de la vallée et de ce point de vue, soyez sûr qu’il n’y a pas plus grande amoureuse de la vallée de la Dordogne qu’Anne-Marie Cocula.

En ce qui concerne les conséquences possibles des vibrations induites par les camions, je suis peu compétent pour le faire. Mais il est intéressant, par exemple, de lire le rapport du CNRS (voir lien en fin de message) sur le séisme du Teil en Ardèche (qui s’est produit le 11 novembre 2019) où la faible profondeur du foyer (<1,5 km), la quasi absence de répliques, la position très proche, voire à l’intérieur d’une grande carrière, font que cette dernière aurait pu être le déclencheur du séisme (par soustraction de grandes quantités de roches et/ou l’accumulation des tirs). En effet la perturbation de la contrainte cisaillante induite par la carrière est de l’ordre de 1 à 2 bar alors que celle du séisme a été en moyenne de 10 bar (avec des maximum locaux de 30-40 bar). La cause principale du séisme est donc le chargement tectonique de la faille préexistante mais le détonateur serait la carrière.

Ce qui signifie qu’une chiquenaude sur une situation proche de la rupture peut engendrer un événement catastrophique. Est-ce le cas pour les vibrations des camions vs la falaise de Beynac ? Je ne sais pas et je ne sais pas qui pourrait le dire en fait sauf peut-être à faire une étude très détaillée utilisant les techniques les plus modernes. Dans le doute, vaut-il mieux supprimer la cause du risque potentiel ? Probablement. Mais c’est à chacun d’y répondre en particulier ceux qui vivent sous la falaise, ce qui n’est pas mon cas.
Quant au linéament du Céou, petit compagnon de la grande faille du Quercy, situé un peu plus à l’ouest, quelle est sa charge tectonique ? Il n’y a pas d’information à ce sujet si ce n’est que les séismes dans la région sont rares, ce qui suggère une charge faible. Mais c’était aussi ce que l’on pensait de la faille de la Ramière à l’origine du séisme du Teil. Il n’y a pas d’évaluation quantifiée.

En tout cas, merci pour votre réaction qui permet de préciser les enjeux. Bien cordialement.

Lien : https://www.insu.cnrs.fr/fr/cnrsinf... (n’oubliez pas de télécharger le dossier lui-même en bas de la page référencée)

dimanche 3 janvier 2021 à 14h37

Permettez-moi de vous faire part de mon étonnement quant à votre choix des passages censés, j’imagine, susciter l’intérêt de lecteurs pour l’ouvrage de Madame Cocula.
J’estime que vous auriez dû proposer la page 7, où l’auteure, citant Paul Lévêque prétend que le passage des camions provoque des trépidations comparables à des mini tremblements de terre. Il s’agit là de l’axe principal de son argumentation
Bien sûr votre carte géologique, page 70, aurait aussi mérité sa place puisqu’elle révèle au public béotien l’existence du linéament du Céou, explicitement qualifié de "Linéament de Beynac" deux pages plus tard.

Cordialement

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